3 valises et un couffin

… même si en vérité, c’était plutôt : 4 valises, 1 sac langer plein à craquer, et une poussette!

Si les voyages forment la jeunesse, j’ai perdu une dizaine d’années avec mon périple Paris-Tôkyô! (Note à mes amis qui me demande pourquoi je ne vieillis pas, peut-être les voyages, le thé vert et les chatons au petit-déjeuner!) Il faut dire qu’un voyage de 11h avec une gamine hyper-tonique, c’est sportif, et mes angoisses ont été à la hauteur de la réalité!

Passé l’enregistrement des bagages, non sans un petit stress de se voir dire qu’une des 3 valises en soute excède 23kg (22,9kg / 23,3kg et 8kg pour Eilinn), il a fallu traversé tout le Terminal 2E avec un bagage cabine (à roulette certes) + un sac à langer tellement plein que je ne pouvais le fermer, une poussette et son occupante de 9kg… Heureusement tout le personnel a été charmant et compréhensif, mais à vivre, c’est un enfer, ou en tout cas, il y faisait aussi chaud (j’aurais du partir en maillot de bain, mais ça n’aurait pas arranger mes affaires, puisqu’il me faut une veste, tout de même!)

Dans l’avion, plein comme un oeuf lui aussi, j’avais demandé un berceau pour la petite (une nacelle accrochée au mur en début de cabine), ce qui m’a sauvé la vie, car, bien sur 11h avec la petite sur les genoux ça n’aurait pas été possible sans un craquage nerveux de ma part. Par contre, je ne sais pas comment je vais faire au retour… Puisqu’en dessous de 2ans, les bébés voyagent en théorie sur les genoux de leurs parents, mais la nacelle ne supporte que des bébés de moins de 10kg… Bref, en 1 et 2ans, tu voyages avec un bébé pour un trajet de 11h, c’est demerden sie sich! D’un autre côté, au retour, je sais que je serai moins chargée.

Je passe sur les divers désagréments : avoir été servie d’un plateau repas, quand les turbulences commencent et qu’on vous demande de coucher la petite (Eilinn, couchée? pas envie? impossible) ou alors de la prendre dans vos bras. Je vous la fait rapide : mon plateau a fini sur mes pieds et ma montagne de bagages cabine!(et un peu sur mes voisins aussi, pour ne pas ajouter au stress, la honte de ne pas tenir sa propre fille).

Une fois les lumières éteintes, Eilinn a finalement trouvé le sommeil et moi aussi, elle ne sera réveillée que 2/3 en geignant, mais une fois rassurée que maman n’est pas loin elle s’est rendormie (et moi aussi). Du coup, je n’ai regardé aucun film, fatiguée que j’étais par 3 semaines de préparations de ce voyage, rangement et fêtes diverses!

Arrivée à Tôkyô-Narita, il m’a fallu 1h, pour sortir de l’avion jusqu’à passer la douane… Avant de récupérer les 3 énormes valises, il a fallu changer Eilinn, et traverser l’aéroport avec les mêmes nombreux bagages cabine. Quand je suis arrivée devant le contrôle de la police, il n’y avait personne! Du coup, j’ai été bien traité par le staff qui s’est occupé d’Eilinn (trop jolie, kawaii, une vraie poupée, etc…) pendant les contrôles. J’avoue l’avantage d’avoir une petite au nom japonais, c’est qu’on vous fout la paix! Avec tout ça, le staff japonais s’était occupé déjà de me charger mes valises du tapis roulant, je n’ai eu qu’à installer le tout sur un trolley et retrouver mon fiancé.

Direction le centre de Tôkyô, via une liaison directe puis 2 taxis (oui trop de bagage pour les taxis japonais), et enfin, ただいま (tadaima : expression que l’on dit en japonais quand on rentre chez soi, ce à quoi on vous répond généralement o-kaeri).

A bientôt pour la suite, je n’ai plus de batterie de portable !Image

Le battement d’aile du papillon

J’aurai pu commencer ce blog en postant une photo d’un avion,  symbole du voyage, de l’imminence du départ… mais, en fait, le vrai point de “départ” date de 2 ans. Le 11 mars 2011, le grand séisme du Tohoku (que l’on appelle plus communément Fukushima – du nom de la centrale nucléaire touchée) ravageait le Nord-Est du Japon.

A l’époque, mon coeur se serrait pour mes amis, français et japonais, résidents au Japon, mais une fois rassurés sur la santé de nos amis et proches, ni Joe, mon désormais fiancé, ni moi, ne pouvions imaginer que la catastrophe aurait des conséquences sur nos petites vies. Nous étions en Europe, lui à Dublin, moi à Paris, et persuadés d’y rester. Commence alors une série d’événements qui implique le retour anticipé et précipité de Joe à Tôkyô, en juin 2011. Son retour étant compromis, c’est moi qui le rejoint en septembre, mais ayant eu une proposition de travail intéressante, avec le soutient de Joe qui m’encourage, je rentre en France, en attendant que lui-même trouve une position en Europe, ou au Japon, bien que la catastrophe et la crise gèlent une partie des recrutements depuis 6 mois.

Finalement, nous apprendrons quelques semaines plus tard que l’enfant que nous voulions ne se fera pas attendre. Eilinn naitra en juin 2012, en France, alors que son père fait des aller-retours trimestriels pour la voir (et moi aussi!).

En janvier 2013, Joe me confie que sa mutation en Europe ne pourra être étudiée avant un certain temps, et me demande (officiellement) de le rejoindre au Japon avec Eilinn, dès que possible.

Depuis janvier, je m’occupe donc de préparer notre déménagement, plus que voyage, et je me suis dit qu’un blog pour raconter mon expérience, rapporter mes coups de coeur, montrer le Japon que j’aime, partager un bout de ma vie avec ceux qui le veulent bien, malgré la distance…

Bienvenue à ceux qui me lisent!