Coup de torchon… serviettes, linge délicat et body bébé.

Normalement, le lundi c’est ma journée un peu cocooning : masque, crème, bain, Game of Thrones… pendant qu’Eilinn fait sa sieste (ou qu’elle dort encore, quand je me lève suffisamment tôt). Mais pas aujourd’hui car il y avait  “Tokyo Mamans”!!

“Tokyo Mamans” est à la base un groupe yahoo d’échange entre mères francophones résidant à Tôkyô et, chaque mois, une réunion est organisée pour se rencontrer, échanger des bons plans, manger, boire, faire jouer les petits et très petits. C’est également un bon moyen de rencontrer d’autres personnes, avec un même centre d’intérêt, et les mêmes contraintes liées aux enfants. J’adore mes copines françaises au Japon, elles sont d’un soutient et d’une aide précieuse, mais je ne peux pas me reposer que sur elles pour combler mes [parfois longues] journées de maman… même si Eilinn les a déjà toutes charmées et prochainement enrôlées dans sa fanbase en construction!

Beaucoup de ces mamans sont des expatriées et vivent  “à la française” à Iidabashi (le quartier français) ou Azabu-juban (le quartier des ambassades), mais il y a toujours des informations intéressantes à glaner. Ainsi, si la première réunion à laquelle j’ai participé tournait autour de l’accouchement (avec 3 autres mamans ayant des petits de 5 à 7mois), la réunion d’aujourd’hui a été super intéressante. J’ai notamment pu rencontrer une maman japonaise qui parle un excellent français (et qui aimerait partir du Japon dès que possible), une canadienne qui habite à Nishi-Ikebukuro, soit à quelques stations seulement de chez moi, et qui m’a indiqué un parc intéressant, à peine à 1km de chez moi, pour faire jouer Eilinn dès qu’elle marchera.

Parmi les autres conversations fort intéressantes : le lave-linge!!

C’est d’ailleurs un sujet de conversation qui revient fréquemment entre françaises. Il faut dire que nous avons TOUTES été déçues des lave-linge japonais, puisqu’ils ne lavent rien, voire bousillent vos fringues en 1 mois. J’ai donc, grâce à la technologie japonaise, flingué un body bébé qu’Eilinn a décidé d’inaugurer (oui, oui, inaugurer est le bon mot, puisque je lui mettais pour la première fois) avec une couche trop pleine! Une copine nous rapportait les galères liées à ses chaussettes toutes aussi noires après leur sortie du lave-linge, quand une autre déplorait l’odeur de linge pas frais, et qu’une troisième plaisantait à moitié sur la qualité des fringues d’Harajuku ou Shibuya, immettables après 4 passages à la machine à laver… En ce qui me concerne, j’ai réussi à tenir dans un état acceptable tout ce que j’ai acheté au Japon, et pendant plus de 10 ans, mais, nous en convenions, en France, on sait laver! (même mes fringues d’adolescentes de chez Jennypouff sont encore en bon état…).

Il faut dire qu’en matière de lavage, j’ai été à bonne école, la meilleure, celle de ma maman. A part de rare cas de carence en instinct maternel – souvent échangé contre une double dose d’égoïsme ou d’égotisme – la manière de maman, c’est forcément la mieux du monde! La mienne  m’a appris les vertus du prélavage, de séparer le blanc des couleurs, de faire des lessives en fonction de la température et d’appliquer du détachant sur les tâches les plus difficiles. Simple bon sens. Qui n’a pas cours au Japon.

Ici les machines à laver sont programmées pour laver à froid uniquement, blanc et couleur en même temps, linge délicat et torchons en même temps. Enjoy!

En effet, les japonais ont une conception de l’écologie tout à fait particulière. Les lave-linge  lavent à froid, en tournant à peine, en faisant des bu-bulles. C’est magique! Mais inefficace (surtout contre les tâches de thé sur les serviettes et les cacas de bébé sur les body). Alors on achète de nouvelles fringues souvent. Logique. Voire logique et mercantile. Je pourrais également parler des cotons “carré bébé”, super-pratiques pour nettoyer les fesses de bébé avec du liniment ou un liquide physiologique, qui n’existent PAS au Japon, au profit de LINGETTES de 4CMx4CM qui se DECHIRENT QUAND ON TIRE DESSUS  (je défie n’importe quelle maman de garder son calme quand bébé baigne dans sa matière fécale et qu’il faut nettoyer avec un micro truc de mauvaise qualité), ou bien encore parler des éponges qui n’ont pas de face “gratton”, un pur bonheur pour ne jamais avoir de tasse à thé propre et proposable, mais je serai intarissable. Et énervée. Alors je vais conclure sur le pourquoi de l’intérêt des réunions Tokyo Maman : l’une d’entre elle  a eu le déclic après avoir flingué plusieurs body également ! Désormais elle allume le chauffe-eau! Car oui au Japon, dans certains appartement, l’eau ne chauffe pas naturellement quand tu ouvres le robinet, il faut appuyer sur un bouton d’une commande centrale pour faire chauffer l’eau et comme cette eau va aussi directement dans la machine à laver, il est possible de laver à 0, 30° et même 40° degré!!!

Merci Tokyo Maman!

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Comment nourrir bébé au Japon?

En créant ce blog, je souhaitais aussi partager ma vision ou mes impressions, difficultés, ou au contraire tout le côté pratique de la vie au Japon.J’avoue que mes premières interrogations n’ont pas été pour moi, je sais que j’ai la capacité de m’adapter, mais pour ma fille de 9 mois. Il y a en effet une perception très différente de l’enfant, en tant qu’individu, et de son éducation au Japon. Il m’a fallu pas mal de temps pour expliquer au papa que “oui, un bébé à sa propre chambre si possible, et le plus tôt est le mieux”.  Les mentalités changent, même au Japon, mais la “tradition” (poussée par le manque de place) veut qu’un bébé dorme avec ses parents. Heureusement, il a rapidement compris le point de vu “occidental”, et Eilinn a déjà sa propre chambre au Japon. Il a par contre trouvé très malin d’y installer sa bibliothèque, avec plein de livres à portée de main de la crapule. Un ajustement sera donc nécessaire si 1- il ne veut pas ranger ses livres tous les jours; 2- qu’Eilinn soit couverte de bleus en moins de 3 jours!

Avant hier, j’ai pu échanger brièvement avec une amie de Joe, qui n’a pas d’enfant. Elle était très étonnée qu’Eilinn soit déjà aussi grande et active. Active, certes, elle est très “tonique et éveillée” (pour ne pas dire “hyperactive et intenable”), mais pour le développement, elle a la taille moyenne des bébés de son âge selon son carnet de santé français. Je me suis donc renseignée sur le régime des bébés japonais au même âge. Il semblerait qu’on les nourrisse de lait – maternel ou maternisé- et de gruau de riz concassé ou de patate douce. J’ai bien essayé de trouver des petits pots de compote ou des yaourts type petite suisse… ça n’existe  pas dans les supermarchés urbains (et je ne parle pas des convini, ces superettes ouvertes 24h/24, qui sont encore plus limités).

Je me suis tournée vers un blog d’échange de mamans expatriées à Tôkyô, apparemment, pour avoir des petits pots, tout prêts pour les jours où l’on a pas le temps, que l’on sort, ou que le babycook vous lâche (je cumule les 3 actuellement), eh bien, il faut vous rendre dans des supermarchés spécialisés pour produits importés ou les commander sur Internet, à des prix unitaires exorbitants.

Hier, je suis sortie pour acheter des couches dans un drugstore, puisque les supermarchés n’en vendent pas non plus. Les drugstore (くすり屋) sont légions au Japon, on y trouve de tout, de l’hygiène aux produits alimentaires, en passant par les accessoires pour animaux de compagnie. J’ai cherché mon rayon couche, coincé tout au fond du magasin, les enfants étant un produit de luxe et pas d’appel comme les cosmétiques ou l’hygiène, dans un pays où avoir une apparence soignée est un prérequis social. Je savais que les couches pour senior étaient plus vendues que les couche pour bébé, mais j’ai tout de même été étonnée du ratio du rayonnage! A gauche, 1/4 pour les couches bébé, 1/4 lingettes et 1/2 pour les couches senior à droite!!

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Et, en face des couches, j’ai eu le plaisir de trouver des petits pots! De 5mois à plus, bien rangé par tranche d’âge, avec suffisamment de variété pour faire le bonheur d’Eilinn, qui a englouti ses udons-carotte-poulet avec plaisir. La seule différence est la quantité : 200g pour un bébé français, 130g pour les japonais… Mais ça n’est pas bien grave, je lui donne un peu plus de compote le midi!

Il DSC_1702faut dire que j’ai la chance d’avoir un petit ventre sur patte qui aime manger, de tout, légumes comme purée de fruit ou yaourt. Du coup, je me fais très peu de souci pour elle, au restaurant le premier soir elle a découvert la cuisine chinoise (中華料理 chûka ryôri – riz blanc et potage aux oeufs), puis le lendemain midi la cuisine traditionnelle japonaise (和食 washôku – riz blanc, apparemment meilleur avec la sauce du thon et du tofu mariné), ensuite, elle a goûté le risotto aux petits pois d’un Fami-Res (family restaurant : type de restaurant où la carte est inspirée occidentale, notamment italienne, avec un bon rapport qualité-prix, prisé à la base par les familles, d’où leur noms).

Aujourd’hui, une maman française chez qui je suis passée récupérer une table à langer, m’a également indiqué que certaines mamans se regroupaient pour acheter des produits français importés. Demain, il y a une réunion de mamans… je vais essayer d’y aller!