Balance maman hors du train

Au Japon, solidarité bien ordonnée commence par soi-même …et s’arrête à peu près à soi-même.

Cela fait un petit temps que je n’avais mis à jour le blog, mais je souhaitais pour ce billet avoir un peu plus “d’expérience”.  Il s’agit en effet de la solidarité ou tout simplement de l’aide que l’on peut recevoir au Japon quand vous êtes jeune maman, avec la galère que peut être une poussette, dans les transports, dans la rue, etc.

En France, j’ai été rapidement et agréablement surprise par la gentillesse et l’aide que  j’ai pu recevoir quand je prenais les transports en commun : passage facilité aux tourniquets, jeunes et moins jeunes hommes pour m’aider à porter la poussette, parfois des mères aussi, des gens dont ce n’était pas le chemin qui ont fait un détour par un escalier pour me soulager. Étonnamment, ce sont aux ascenseurs que j’ai connus le plus de désagréments : plein de valides qui préfèrent prendre un ascenseur plutôt que de laisser leur place à une femme enceinte ou une poussette (j’imagine avec horreur les galères des gens dit à mobilité réduite…).

Au Japon, c’est tout l’inverse! Les ascenseurs étant souvent mal situés sur les quais (loin des sorties les plus pratiques ou des changements), en majorité, les japonais les délaissent. Même s’il n’est pas rare de voir une jeune fille dans sa vingtaine l’attendre – très certainement pour ne pas abimer ses talons vertigineux. Par contre, vous pourrez galérer autant que vous voudrez avec une poussette dans les stations qui n’ont pas d’ascenseur, n’attendez aucune aide de la part des japonais qui resteront les yeux rivés à leur keitai denwa  (téléphone portable) ou sumaho (smartphone), voire vous dévisageront quand vous porterez votre poussette, garnie du bébé qui va avec, le temps de la dizaine de marche qui vous sépare du prochain couloir.

Ainsi il n’est pas rare de voir les mamans japonaise avoir un porte-bébé ventral ou dorsal, avec des aménagements vestimentaires plus utiles… qu’esthétiques.

Ca semble idéal, mais certainement faisable qu’avec un gabarit japonais… Eilinn et ses 9kg, elle me casserait le dos, qui a déjà pris cher quand elle a fait 7/8 kg et que je devais la sortir du lit. Et puis, si je me souviens bien, en France, on m’avait déconseillé de trop utiliser le porte-bébé tant que son dos n’était pas bien musclé…

Heureusement pour moi, j’aime marcher, j’ai le temps et il fait plutôt bon (parfois très frisquet, mais avec 13kg à bout de bras, on se réchauffe). Du coup, j’évite autant que se peut les transports en commun. Sinon, j’ai la chance d’être très bien entourée de copines qui n’hésitent pas – elles – à filer un coup de patte.

Parmi celles-ci, l’une d’entre elles, qui vit au Japon depuis un certain (long?) temps, me faisait remarquer à Shibuya un poster qui rappelle aux usagers qu’il fallait aider les mamans, enceintes ou avec des poussettes, leur laisser la priorité, etc. Je n’ai pas pensé à le prendre en photo, mais en voici un autre, qui rappelle que les femmes enceintes méritent quelques égards (puisque les japonais l’oublient autant que les français)

Par contre, et il faut le souligner, dès que vous entrez dans un café, le staff vous aidera avec milles courbettes et sourires, vous portera votre commande à votre place ou des couverts pour enfants si vous aviez oublié les vôtres, et on vous simplifiera grandement la vie! Mais c’est la logique commerciale aussi! Sinon, au karaoké, on vous dévisagera un peu, parce qu’une gamine de 10mois au karaoké, ça se voit rarement… 🙂

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3 valises et un couffin

… même si en vérité, c’était plutôt : 4 valises, 1 sac langer plein à craquer, et une poussette!

Si les voyages forment la jeunesse, j’ai perdu une dizaine d’années avec mon périple Paris-Tôkyô! (Note à mes amis qui me demande pourquoi je ne vieillis pas, peut-être les voyages, le thé vert et les chatons au petit-déjeuner!) Il faut dire qu’un voyage de 11h avec une gamine hyper-tonique, c’est sportif, et mes angoisses ont été à la hauteur de la réalité!

Passé l’enregistrement des bagages, non sans un petit stress de se voir dire qu’une des 3 valises en soute excède 23kg (22,9kg / 23,3kg et 8kg pour Eilinn), il a fallu traversé tout le Terminal 2E avec un bagage cabine (à roulette certes) + un sac à langer tellement plein que je ne pouvais le fermer, une poussette et son occupante de 9kg… Heureusement tout le personnel a été charmant et compréhensif, mais à vivre, c’est un enfer, ou en tout cas, il y faisait aussi chaud (j’aurais du partir en maillot de bain, mais ça n’aurait pas arranger mes affaires, puisqu’il me faut une veste, tout de même!)

Dans l’avion, plein comme un oeuf lui aussi, j’avais demandé un berceau pour la petite (une nacelle accrochée au mur en début de cabine), ce qui m’a sauvé la vie, car, bien sur 11h avec la petite sur les genoux ça n’aurait pas été possible sans un craquage nerveux de ma part. Par contre, je ne sais pas comment je vais faire au retour… Puisqu’en dessous de 2ans, les bébés voyagent en théorie sur les genoux de leurs parents, mais la nacelle ne supporte que des bébés de moins de 10kg… Bref, en 1 et 2ans, tu voyages avec un bébé pour un trajet de 11h, c’est demerden sie sich! D’un autre côté, au retour, je sais que je serai moins chargée.

Je passe sur les divers désagréments : avoir été servie d’un plateau repas, quand les turbulences commencent et qu’on vous demande de coucher la petite (Eilinn, couchée? pas envie? impossible) ou alors de la prendre dans vos bras. Je vous la fait rapide : mon plateau a fini sur mes pieds et ma montagne de bagages cabine!(et un peu sur mes voisins aussi, pour ne pas ajouter au stress, la honte de ne pas tenir sa propre fille).

Une fois les lumières éteintes, Eilinn a finalement trouvé le sommeil et moi aussi, elle ne sera réveillée que 2/3 en geignant, mais une fois rassurée que maman n’est pas loin elle s’est rendormie (et moi aussi). Du coup, je n’ai regardé aucun film, fatiguée que j’étais par 3 semaines de préparations de ce voyage, rangement et fêtes diverses!

Arrivée à Tôkyô-Narita, il m’a fallu 1h, pour sortir de l’avion jusqu’à passer la douane… Avant de récupérer les 3 énormes valises, il a fallu changer Eilinn, et traverser l’aéroport avec les mêmes nombreux bagages cabine. Quand je suis arrivée devant le contrôle de la police, il n’y avait personne! Du coup, j’ai été bien traité par le staff qui s’est occupé d’Eilinn (trop jolie, kawaii, une vraie poupée, etc…) pendant les contrôles. J’avoue l’avantage d’avoir une petite au nom japonais, c’est qu’on vous fout la paix! Avec tout ça, le staff japonais s’était occupé déjà de me charger mes valises du tapis roulant, je n’ai eu qu’à installer le tout sur un trolley et retrouver mon fiancé.

Direction le centre de Tôkyô, via une liaison directe puis 2 taxis (oui trop de bagage pour les taxis japonais), et enfin, ただいま (tadaima : expression que l’on dit en japonais quand on rentre chez soi, ce à quoi on vous répond généralement o-kaeri).

A bientôt pour la suite, je n’ai plus de batterie de portable !Image