[J’ai testé] le Neko-Café avec bébé

2 mois que je n’avais pas touché une fourrure de chat. Le Japon a de la chance que je n’avais pas encore pété un câble en règle… ça aurait pu être pire que le 11 mars 2011,  le tremblement de terre de Kobe en 1995, l’attentat de la secte Aum la même année, ou le Grand Incendie d’Edo en 1657… Enfin, tout va mieux, j’ai pu profiter pendant une grosse heure d’une quinzaine de chats alanguis, et Eilinn leur courir après!!

En France, j’ai toujours eu des chats, dont actuellement Artémis, une tricolore de 10 ans, qui me manque cruellement. Je ne peux que présumer que c’est la même chose pour Eilinn qui a toujours senti sa présence, ou celles des chats de mes parents (on en a 5 au total), à travers mon ventre. Depuis sa naissance – et même avant, donc – les chats font partie intégrante de sa vie. Au Japon, il est parfois très difficile (et surtout cher) d’avoir un animal, selon les règles de la propriété ou la surface de votre appartement, mais j’avoue que je ne me suis jamais renseignée pour notre “chez nous”, sachant que je devrais rentrer au bout de 3 mois et que les horaires de Jo seraient incompatibles avec le bonheur d’un petit animal. Je prends donc mon mal en patience depuis mon arrivée! Mais la nécessité de faire des courses dans le seul magasin qui vend des yaourts pour bébé d’une taille correcte pour un prix “presque raisonnable” m’a poussé quelques mètres plus loin dans le cat café “Neko-Robi” d’Higashi-Ikebukuro.

Jusqu’ici j’avais testé le Nekomaru Café de Ueno il y a quelques années, ainsi que le salon à chat au dernier étage du Tokyu Hands d’Ikebukuro, sans Eilinn, et j’avais été déçue de ce dernier : une espèce de couloir exigüe où s’entassent une vingtaine de chats que les visiteurs emmerdent royalement, quelques sièges collés contre les murs, et une absence de calme que les chats adorent m’ont fait regretter l’investissement. Du coup, je recherchais toujours le concept du Nekomaru (mais Ueno ce n’est pas tout à fait à côté de chez moi, non plus) : on paye à l’heure,pour être dans une vaste pièce où les chats vont et viennent à leur guise, les boissons étant en libre service.

(Neko salon au dernier étage du Tokyu Hands – un enfer pour les chats, un endroit même pas relaxant pour les humains, sauf ceux venus emmerder les animaux, puisqu’après tout ils ont payés pour)

 

(Souvenirs du Nekomaru Café à Ueno – les photos datent de 2010)

Ainsi le Neko-robi est un café à chat (ou Neko café, pour les puristes) comme je voulais : une surface tapissée de moquette, une table, des chaises, des sofas en rotin, des poufs posés ça et là, parmi les lesquels des arbres à chats et des cartons où les chats peuvent jouer, dormir ou se cacher. Une machine distribue gratuitement toute sorte de boisson (thé, café chocolat chaud ou froid , jus de fruit, CC Lemon, et autres sodas), alors que des snacks sont à disposition sur une table. Ce Neko Café dispose aussi du WiFi, diverses prises pour charger téléphones et ordinateurs portables, des jeux de cartes (UNO et autres) et même une Wii!! De plus, une charmante employée parle un anglais correct, donc même sans parler un traitre mot de japonais, on vous expliquera gentiment la marche à suivre (enlever ses chaussures, se laver les mains, etc.)

Pour cette première fois,  je n’ai pas osé la formule 3h, préférant voir la réaction d’Eilinn d’abord, mais elle est relativement intéressante compte-tenu de tout ce que l’on peut y faire! (1h = 1000 Yens / 3h = 2200 Yens)

Mais, la réaction d’Eilinn, me demandez-vous?
Mieux encore que ce que j’avais espérer! Eilinn a rapidement pris ses marques dans cet environnement apaisant, poussant des petits cris joyeux devant les chats immobiles, les pointant du doigt, souriant à tous les autres clients, puis quand un chat venait à se réveiller, Eilinn se dépêchait de le rejoindre… Au grand dam d’Anko – la British Short Hair – qui a fait 3 fois le tour de la pièce, poursuivie par Eilinn, nettement moins rapide, mais rapide tout de même, heureuse comme tout d’avoir trouvé un jeu! Devant le placide Sugar – un magnifique, un superbe, un impressionnant Maine Coon – Eilinn s’est contentée de l’admirer dans sa boite, en soulevant les pans de cartons pour mieux le voir, et de s’extasier. Elle a également adoré Kuririn – le persan rasé en lion – avant que celui-ci  ne s’en retourne se percher dans son arbre. Par contre, elle a effrayé la petite Aisha – jolie scottish fold au pelage duveteux – qui a finit dans mes bras pour plus de protection.

De cette heure passée au milieu des félins, je suis contente de remarquer qu’Eilinn, quoique très intéressée par les chats, souhaitant leur courir après et les caresser, a perdu son habitude de viser instinctivement la gueule et les moustaches, touchant aussi délicatement que possible, pour un bébé d’à peine un an, les cuisses et la queue. J’ai bien évidemment pris le temps, avec les chats les plus calmes, de guider les petites mains d’Eilinn sur le pelage pour lui rappeler le geste qu’on faisait régulièrement en France avec mes cobayes préférés.

(Juste parce que je ne résiste pas aux souvenirs joyeux d’Eilinn et de sa meute de chats en France)

Cette petite sortie m’a également permis de rencontrer une autre française (dans l’heure, un couple d’espagnol et 3 autres français sont entrés dans le neko-robi, qui a – il est vrai – une page internet en anglais, ce qui aide à son référencement). En général les Neko Café sont interdits aux enfants (en dessous de 6ans pour le Neko-robi, en dessous de 12 ans pour le Nekomaru), mais comme je suis arrivée en journée et qu’il y avait peu de monde, on ne m’a pas interdit l’accès. Cependant, j’ai payé une entrée pleine pour Eilinn. [aparté, vu la délicatesse des enfants japonais envers les animaux – ou leur mère – et le respect qu’ils leur montrent, je peux comprendre que, par sécurité, les Neko Café préfèrent se passer de gamins bruyants et brutaux]

Il va sans dire que je conseille à tous les amoureux des chats de faire au moins une après-midi dans un Neko-Café, mais aussi tous ceux qui veulent trouver un peu de calme dans cette ville bruyante. Et pour les parents, en montrant patte blanche, il n’y a pas de raison qu’on vous refoule à l’entrée.
Si vous connaissez d’autres Neko Café agréable à Tôkyô, faites tourner!!

Pour plus d’information:
Neko-robi : http://www.nekorobi.jp/english/
Nekomaru Café : http://www.nekomarucafe.com/ueno/

Coup de torchon… serviettes, linge délicat et body bébé.

Normalement, le lundi c’est ma journée un peu cocooning : masque, crème, bain, Game of Thrones… pendant qu’Eilinn fait sa sieste (ou qu’elle dort encore, quand je me lève suffisamment tôt). Mais pas aujourd’hui car il y avait  “Tokyo Mamans”!!

“Tokyo Mamans” est à la base un groupe yahoo d’échange entre mères francophones résidant à Tôkyô et, chaque mois, une réunion est organisée pour se rencontrer, échanger des bons plans, manger, boire, faire jouer les petits et très petits. C’est également un bon moyen de rencontrer d’autres personnes, avec un même centre d’intérêt, et les mêmes contraintes liées aux enfants. J’adore mes copines françaises au Japon, elles sont d’un soutient et d’une aide précieuse, mais je ne peux pas me reposer que sur elles pour combler mes [parfois longues] journées de maman… même si Eilinn les a déjà toutes charmées et prochainement enrôlées dans sa fanbase en construction!

Beaucoup de ces mamans sont des expatriées et vivent  “à la française” à Iidabashi (le quartier français) ou Azabu-juban (le quartier des ambassades), mais il y a toujours des informations intéressantes à glaner. Ainsi, si la première réunion à laquelle j’ai participé tournait autour de l’accouchement (avec 3 autres mamans ayant des petits de 5 à 7mois), la réunion d’aujourd’hui a été super intéressante. J’ai notamment pu rencontrer une maman japonaise qui parle un excellent français (et qui aimerait partir du Japon dès que possible), une canadienne qui habite à Nishi-Ikebukuro, soit à quelques stations seulement de chez moi, et qui m’a indiqué un parc intéressant, à peine à 1km de chez moi, pour faire jouer Eilinn dès qu’elle marchera.

Parmi les autres conversations fort intéressantes : le lave-linge!!

C’est d’ailleurs un sujet de conversation qui revient fréquemment entre françaises. Il faut dire que nous avons TOUTES été déçues des lave-linge japonais, puisqu’ils ne lavent rien, voire bousillent vos fringues en 1 mois. J’ai donc, grâce à la technologie japonaise, flingué un body bébé qu’Eilinn a décidé d’inaugurer (oui, oui, inaugurer est le bon mot, puisque je lui mettais pour la première fois) avec une couche trop pleine! Une copine nous rapportait les galères liées à ses chaussettes toutes aussi noires après leur sortie du lave-linge, quand une autre déplorait l’odeur de linge pas frais, et qu’une troisième plaisantait à moitié sur la qualité des fringues d’Harajuku ou Shibuya, immettables après 4 passages à la machine à laver… En ce qui me concerne, j’ai réussi à tenir dans un état acceptable tout ce que j’ai acheté au Japon, et pendant plus de 10 ans, mais, nous en convenions, en France, on sait laver! (même mes fringues d’adolescentes de chez Jennypouff sont encore en bon état…).

Il faut dire qu’en matière de lavage, j’ai été à bonne école, la meilleure, celle de ma maman. A part de rare cas de carence en instinct maternel – souvent échangé contre une double dose d’égoïsme ou d’égotisme – la manière de maman, c’est forcément la mieux du monde! La mienne  m’a appris les vertus du prélavage, de séparer le blanc des couleurs, de faire des lessives en fonction de la température et d’appliquer du détachant sur les tâches les plus difficiles. Simple bon sens. Qui n’a pas cours au Japon.

Ici les machines à laver sont programmées pour laver à froid uniquement, blanc et couleur en même temps, linge délicat et torchons en même temps. Enjoy!

En effet, les japonais ont une conception de l’écologie tout à fait particulière. Les lave-linge  lavent à froid, en tournant à peine, en faisant des bu-bulles. C’est magique! Mais inefficace (surtout contre les tâches de thé sur les serviettes et les cacas de bébé sur les body). Alors on achète de nouvelles fringues souvent. Logique. Voire logique et mercantile. Je pourrais également parler des cotons “carré bébé”, super-pratiques pour nettoyer les fesses de bébé avec du liniment ou un liquide physiologique, qui n’existent PAS au Japon, au profit de LINGETTES de 4CMx4CM qui se DECHIRENT QUAND ON TIRE DESSUS  (je défie n’importe quelle maman de garder son calme quand bébé baigne dans sa matière fécale et qu’il faut nettoyer avec un micro truc de mauvaise qualité), ou bien encore parler des éponges qui n’ont pas de face “gratton”, un pur bonheur pour ne jamais avoir de tasse à thé propre et proposable, mais je serai intarissable. Et énervée. Alors je vais conclure sur le pourquoi de l’intérêt des réunions Tokyo Maman : l’une d’entre elle  a eu le déclic après avoir flingué plusieurs body également ! Désormais elle allume le chauffe-eau! Car oui au Japon, dans certains appartement, l’eau ne chauffe pas naturellement quand tu ouvres le robinet, il faut appuyer sur un bouton d’une commande centrale pour faire chauffer l’eau et comme cette eau va aussi directement dans la machine à laver, il est possible de laver à 0, 30° et même 40° degré!!!

Merci Tokyo Maman!