[J’ai testé] le onsen (bain public) avec un bébé !

Parmi toutes ces choses que j’aime du Japon, je me suis finalement rendue compte que j’aimais un Japon “pour jeune” .. enfin par jeune, je veux dire “sans contraintes”. Les karaoké, les restaus sur le pouce, pas cher et tous petits, les boites de nuit – avec des lourdauds, mais quand même moins lourdauds qu’en France – , les restaus ouverts toute la nuit, la diversité des fringues (qu’il FAUT savoir associer soi-même, hein, sinon, le mauvais goût n’est jamais loin) et surtout l’indifférence générale (et pas “tolérance”) quant à votre style vestimentaire, les 100 yens shop et les accessoires à vous filer un diabète rien qu’en les regardant. Un Japon de jeune, quoi!, sans soucis, insouciants, la vie comme elle vient, etc.

Avoir un bébé change radicalement la donne.

Plus de restaus où on ne peut faire rentrer la poussette. (Presque) plus de boite de nuit. Karaoke? oui mais dans des horaires raisonnables en fonction du biorythme de ma petite. Les fringues… euh, désolée, je suis maman – MILF peut-être – mais les talons aiguilles qui fracassent le dos et les shorts d’où dépassent fesses, cellulite et bidoche mal rétablie post-partum, on va éviter, merci !

Du coup, j’avais quelques peurs de ne pouvoir me faire un délassant “onsen” (source d’eau chaude, qui évolue du simple bain public vers le spa), à cause de la petite. Comme j’en parlais avec des amis – jeunes parents et fan du Japon aussi, ils m’ont indiqué que d’autres parents avaient pu profiter, selon leur blog, d’un onsen avec leur bébé de 8 mois. Serait-ce donc possible?

Après vérification auprès de quelques onsen que j’avais déjà testés, et d’autres connus à Tôkyô, je me suis aperçue que la “chaine” des Oedo Onsen, et notamment le Oedo Onsen Monogatari de Odaiba, accepte les enfants de moins de 4 ans, gratuitement qui plus est.

Oedo Onsen est un concept entre le spa et le parc de loisir : vous pouvez en profiter comme d’un onsen – bain chaud, intérieur et extérieur – mais aussi vous y restaurer sur une place publique où se côtoient les stands d’attractions et jeux, gargotes, restaurants, boutiques de  souvenirs, ou profiter d’être sur place pour vous relaxer avec un massage, des soins, etc…  Il n’y a pas de limites de temps (sauf votre fatigue ou le dernier train!) puisque l’établissement est ouvert de 11h le matin à 9h le matin d’après! Personnellement, j’aime bien cette ambiance un peu dépaysante et kitchissime, et puis j’y ai toujours été TRES bien accompagnée, alors les petits défauts sont vite oubliés, s’il y en eût! (et puis le thé – sencha et mugi-cha – est en distribution libre, à volonté… si ce n’est pas la perfection, ça?)

Après nous être changées en yukata (et diverses discussions sur comment faire son nœud), Eilinn magnifiquement vêtue d’un peignoir offert par mon amie Mai, nous avons flâné un peu dans l’enceinte de la place et testé la rivière de galets – toujours aussi massacrante pour les pieds, il parait que c’est fait pour, mais ça fait juste mal , nous avons rejoint les bains publics, où bien évidemment, on enlève tout! Et pas question de garder la “grande” serviette prévue dans le pack. C’est là que ça a été un “poil” traumatisant pour mes comparses (en pudeur et  “poil”, notamment leur surabondance chez quelques autochtones n’ayant jamais connu “l’épilation du maillot”) . De mon côté, je me suis habituée à ne plus regarder les gens – en plus je suis désormais concentrée sur ma fille – et penser qu’ils ne me regardent pas non plus.  Bon, j’avoue j’ai tenté de laisser le maillot de bain/couche (merci piwapee) sur Eilinn, mais la préposée m’a gentiment indiqué que, non, même bébé devait être nue comme un vers!

Nos ablutions faites – obligatoires avant d’entrer dans les bains – nous nous sommes dirigées vers un premier bassin (sur les 8 en intérieur) à 38°C, température parfaite pour un bébé! Et là, Eilinn a adoré! Comme elle est plutôt grande (elle taille 1 an pour les pantalons) elle avait pied et donc n’a pas paniqué, au contraire ! Plus téméraires, nous avons ensuite détendus nos corps et nos dos dans un bassin à remous à près de 40°C, petit moment d’adaptation pour Eilinn (et nous aussi d’ailleurs), et puis finalement, très bien, j’avais assise Eilinn sur une plateforme, afin qu’elle n’ait que les jambes dans l’eau, ce qui semblait lui convenir pour jouer avec les bulles échappées des jets d’eau! Nous avons passé sur les bassins suivants à 41°C car certainement trop chauds, pour aller nous rafraichir en extérieur où se trouve un bassin à 38°C et 5 baquets en bois, à 40°C, que nous avons également testés.

A ce point, la jauge “charisme et cabotinage” d’Eilinn avait atteint son max et elle distribuait, ravie de ses effets, des sourires à qui en voulait et lui répondait par des sourires et des “kawai~i” suraigües. J’ai rapidement arrêté de compter les diverses fans parmi les jeunes japonaises, émerveillées par le kawaii-potentiel, le sourire “tenshi mitai “ (elle ressemble à un ange) et les grands yeux de ma fille. J’ai arrêté de compter, mais la jauge “fierté maternelle”, elle, n’a pas arrêter de se remplir! (j’assume!!).

A ce point, j’aurais presque pu rester des heures à écouter les japonaises flatter mon égo de mère  encenser la beauté de ma fille, mais nos ventres commençaient à réclamer aussi (celui d’Eilinn étant constamment prêt pour toute nourriture!). Parmi toutes les propositions, je me suis décidée pour un katsudon avec sa soupe miso. Encore un épique moment où Eilinn, après avoir vider son biberon de 240ml aux céréales, a voulu goûter à tous les plats devant elle, piochant allégrement dans le katsu-curry de Rosalie ou se dévouant pour finir le riz de Séverine (ma fille, toujours prête à aider), tout en charmant à peu près tous nos voisins de table : une famille avec ses 2 enfants (2 garçons à qui elle a littéralement taper dans la oeil – ma fille, la délicatesse incarnée), et une petite dizaine d’étudiants, dont deux jeunes filles avec qui elle s’est prêtée au jeu du “high-five”  (ma fille, déjà du fan-service).

Le temps passait, mais on a finalement décidée d’un petit revenez-y. Re-direction les bains pour finir notre soirée détente et faire quelques photos en extérieur.

Eilinn était claquée mais luttait plutôt bien contre le sommeil, et j’ai pu, dans les derniers moments de cette expérience onsen avec ma fille, avoir le bonheur de la sentir s’abandonner tout contre moi, peau à peau, comme quand elle était toute petite, toute fragile, mon bébé-d’amour, le soleil de ma vie… une petite larme d’émotion plus tard, il fallait se rentrer, pour elle, comme pour nous, pour le dernier train…

Ainsi, le onsen avec un bébé, c’est tout à fait possible notamment à Odaiba, et en plus c’est un moment, paradoxalement puisque tout le monde est là, nu, avec vous, d’intimité magique avec son bébé. Dans ces grands bassins à température corporelle, il y a – peut-être – comme la réminiscence de ces moments de vie utérine et les premiers instants de bébé dans ses bras… A refaire!!

Pour aller plus loin :

Oedo Onsen Monogatari : http://www.ooedoonsen.jp/higaeri/english/

 

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